Croisière d’expédition au pays des icebergs.

Publié le 16 Novembre 2016

 

 

 

 

 

Des icebergs à perte de vue. Des glaciers gigantesques. Des ours polaires dans leur habitat naturel. La croisière Arctic Safari, organisée par la compagnie torontoise Adventure Canada, emmène chaque année une centaine de chanceux dans les eaux et les terres reculées du Groenland et du Nunavut. Récit d’une expédition de 12 jours à bord de l’Ocean Endeavour.

«Mesdames, Messieurs, ours blanc à ­tribord.» Cette annonce de la chef ­d’expédition était attendue par tous. Nous sommes à bord de l’Ocean Endeavour­­ depuis six jours maintenant. Nous avons sillonné les magnifiques fjords du Groenland et traversé le détroit de Davis. En ce septième jour, nous arrivons en ­terre canadienne, sur les rives de l’île Sillem, non loin de l’île de Baffin, au Nunavut. Et le voilà, le prédateur du Grand Nord, redouté des phoques, sa gâterie­­ préférée, et des humains.

Avec des jumelles, les passagers ­amassés sur le pont supérieur suivent le ­parcours de l’ours le long de la rive. Le carnivore plonge dans l’eau et nage sur des centaines de mètres. L’ours blanc est un nageur hors pair. D’ailleurs, son nom latin Ursus maritimus, signifie «ours marin». Nous laissons Nanuq, son nom inuit, vaquer à ses occupations tandis que l’Ocean Endeavourcontinue sa route.

Notre premier arrêt sur la terre ferme canadienne est à Pond Inlet, petite ­communauté inuit de 1300 habitants. Ici, au nord du 72e parallèle et à plus de 2500 km de Montréal, les routes sont faites en terre et la nourriture est ­extrêmement dispendieuse.

Nous avons rendez-vous au centre communautaire pour une présentation culturelle faite par des locaux. Démonstration de prouesses physiques, récital de chansons inuites et chants de gorge nous transportent au cœur de cette communauté aux liens familiaux très forts. Sur scène, trois générations montrent avec fierté leurs traditions ancestrales.

 

 

 

Grands explorateurs

L’Ocean Endeavour poursuit sa route vers l’île Devon et jette l’ancre dans la petite baie de Dundas Harbour. Le ­personnel d’Adventure Canada saute dans des Zodiacs et se rend sur la terre ferme pour s’assurer qu’aucun ours blanc ne se promène dans les parages. Ici, on ne badine pas avec la sécurité. Si un ours blanc est repéré, l’excursion se limitera à une promenade en bateau. Malchance pour ceux qui voulaient mettre pied à terre, maman ourse et son petit de l’année se promènent non loin de notre intérêt du jour: un ancien poste de la Police montée canadienne, établi en 1924 pour renforcer la souveraineté canadienne en Arctique.

Ces terres inhospitalières, balayées par le vent et la neige et dans l’obscurité la plus totale en hiver, ont également été foulées par les ancêtres des Inuits, les membres de la culture de Thulé, vers l’an 1000 de notre ère. Les fondations des maisons construites en pierre et en os de baleines sont visibles sur l’île de Devon, aujourd’hui complètement inhabitée.

 

 

 

 

Plongée arctique

Le lendemain, l’Ocean Endeavour jette l’ancre dans la grande baie de Crocker, remplie d’icebergs, non loin d’un immense glacier. Au programme de la journée: randonnée au plus proche du glacier, suivie d’une excursion en Zodiac, avec un saut dans les eaux glacées de l’Arctique canadien en guise de dessert.

Pour la première fois au cours de cette expédition, nous avons l’occasion ­d’observer de très près un glacier. De temps à autre, nous entendrons un ­craquement, comme un grondement de tonnerre, qui annonce le détachement d’un futur iceberg, de quoi donner quelques sueurs froides à notre ­conducteur de Zodiac.

De retour sur le bateau, les passagers se préparent pour leur plongeon arctique, dans une eau à 4 °C. Une cinquantaine de nageurs héroïques s’immergent complètement et nagent frénétiquement pendant une dizaine de secondes avant de se hisser tant bien que mal, les muscles ­engourdis par le froid, sur le navire.

 

 

 

 

Sur les traces de Franklin

Notre dernière journée d’expédition nous emmène sur les traces du célèbre explorateur John Franklin, qui a tenté en 1845 de traverser le passage du Nord-Ouest.

Franklin et son équipage sont restés tout un hiver sur l’île Beechey, avant de disparaître au cœur de l’Arctique. ­Pendant une décennie, de nombreuses expéditions tenteront de percer le secret de leur disparition.

Sur cette île rocheuse désertique et balayée­­ par les vents, les visiteurs peuvent­­ observer les vestiges de leur passage­­. D’abord, quatre tombes (trois hommes de Franklin et Thomas Morgan, un marin d’une expédition suivante) forment­­ un ­petit cimetière, exposé à la vue de tous. Un peu plus loin, des restes de boîtes de conserve et de bâtiments résistent­­ tant bien que mal aux éléments.

Pour notre dernière nuit, l’Ocean Endeavour­­ jette l’ancre au large de Resolute­­, notre destination finale. Demain­­, nous quitterons le navire à bord de Zodiacs, mettant un terme à 12 jours d’exploration au cœur de l’Arctique et au voyage d’une vie.

 

UNE BEAUTÉ BRUTE

Avant de longer les côtes du Nunavut, l’Ocean Endeavour a passé les cinq premières journées du voyage à faire découvrir aux passagers la beauté brute de la côte ouest du Groenland.

Colonisé par les Norvégiens, puis par les Danois, le Groenland a tout d’un pays scandinave. En arrivant à Sisimiut, deuxième plus grande ville du pays avec 5000 habitants, nous sommes charmés par les petites maisons traditionnelles en bois, rouges, vertes, jaunes ou bleues, perchées sur des collines.

Mais c’est à Ilulissat, «iceberg» en groenlandais, que les visiteurs en prennent plein les yeux. C’est ici que le glacier Sermeq­­ Kujalleq produit annuellement 20 milliards de tonnes d’icebergs. Le fjord d’Ilulissat, classé depuis 2004 au patrimoine mondial de l’UNESCO, se visite à pied en empruntant une longue promenade en bois menant à un promontoire rocheux. De là, la vue sur les icebergs, gigantesques, est irréelle. Certains icebergs restent bloqués ici pendant des mois, avant de partir pour un long périple dans l’océan Atlantique.

Durant nos cinq jours de navigation au plus proche des côtes et dans les profonds fjords, nous aurons l’occasion d’observer des centaines et des centaines d’icebergs, certains gigantesques, certains tout petits­­, mais également une dizaine de baleines­­ à bosse.

 

INFORMATIONS

La prochaine croisière Arctic Safari aura lieu du 30 juillet au 10 août 2017. Prix à partir de 5995 $ US par personne. Sont compris dans ce prix les repas, les excursions et toutes les conférences qui ont lieu sur le bateau­­. Les vols nolisés sont en sus.

Pour en savoir davantage, visitez adventurecanada.com

 

Rédigé par Régis Baillargeon

Publié dans #Voyage

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